Il est un peu plus de 16 h quand la route commence à monter après Morteau. Une heure plus tôt, je quittais Besançon sous la pluie ; ici, sur les hauteurs du val de Morteau, ce sont vingt centimètres de neige fraîche qui bordent la départementale, et le thermomètre de la voiture affiche −7 °C.

La frontière suisse est à dix minutes. C’est là, dans le Haut-Doubs horloger, que nous avons posé nos sacs pour 48 heures, avec une idée simple : marcher dans le froid le jour, et passer les soirées au chaud.

Le Doubs horloger, c’est quoi au juste ?

Ce coin de Franche-Comté, coincé entre la vallée du Doubs et la frontière suisse, est devenu en 2021 le Parc naturel régional du Doubs Horloger : près d’une centaine de communes, des plateaux entre 600 et 1 300 mètres, et une histoire industrielle singulière. Pendant deux siècles, les fermes d’ici ont abrité des ateliers d’horlogerie : on fabriquait des mouvements l’hiver, quand la neige bloquait tout.

L’autre signature du pays, c’est le tuyé : cette immense cheminée pyramidale au cœur des fermes comtoises, où l’on fume encore les salaisons au bois de résineux. On en voit les silhouettes noires dépasser des toits à Grand’Combe-Châteleu, à quelques kilomètres de Morteau.

Jour 1 : raquettes, sapins et le vacarme du Saut du Doubs

Premier matin : raquettes aux pieds au départ de Grand’Combe-Châteleu. Les sentiers balisés serpentent entre prés blancs et combes de sapins, sans dénivelé méchant. Comptez deux à trois heures pour une boucle tranquille, avec vue sur les fermes à tuyé du village.

Lire aussi :  Les cascades et lacs du Jura : Un paradis naturel à explorer cet été

L’après-midi, direction Villers-le-Lac, à un quart d’heure. C’est de là qu’on rejoint le Saut du Doubs, une chute de 27 mètres au cœur d’un site naturel classé. En été, on y va en bateau depuis l’embarcadère (les horaires d’hiver sont réduits, vérifiez sur le site des vedettes du Saut du Doubs) ; en janvier, j’ai préféré y aller à pied par le sentier rive française, environ deux heures aller-retour. Les hivers très froids, les bassins gèlent entièrement, et le spectacle de la chute figée vaut largement les doigts gourds.

Le soir : rentrer au chaud

C’est l’autre moitié du programme, et honnêtement celle qu’on attendait le plus. Le soir, on rentre à La Ferme des Cordiers, un gîte avec espace bien-être dans le Doubs horloger, une ancienne ferme comtoise posée au calme près de Grand’Combe-Châteleu.

Le rituel s’installe vite : passage au sauna, puis le bain nordique dehors, dans la nuit. L’eau est à 38 °C, l’air à −8, la vapeur monte dans la lumière de la lampe frontale et il neige sur nos bonnets. On y reste vingt minutes, le temps que les épaules oublient la raquette du matin.

Difficile de faire plus efficace comme week-end bien-être : pas de créneau à réserver ni de voisins de bassin, le spa privatif est à dix mètres de la porte, et le poêle ronfle quand on rentre se sécher.

Jour 2 : tuyés, horlogerie et Mont d’Or passé au four

Deuxième journée sous le signe du patrimoine et de la table. Le matin, visite d’une ferme à tuyé à Grand’Combe-Châteleu : on lève la tête dans la cheminée de dix mètres où pendent jambons et saucisses, et on comprend d’où vient le goût fumé de la saucisse de Morteau.

Lire aussi :  Découvrez la Toscane cet été : Villes et paysages à couper le souffle

À Morteau justement, le château Pertusier abrite le musée de l’horlogerie, une heure bien employée quand il fait −10 dehors.

Le midi, on commande l’évidence : saucisse de Morteau, pommes de terre, et un Mont d’Or chaud passé au four dans sa boîte d’épicéa, arrosé d’un trait de vin jaune. Le Mont d’Or ne se fabrique qu’entre août et mars : c’est un fromage d’hiver, exactement de saison. Une bouteille de savagnin du Jura complète le tableau sans se forcer.

Infos pratiques

  • Quand partir
    De mi-décembre à fin février pour la neige et le Mont d’Or. Pour espérer voir le Saut du Doubs gelé, visez janvier.
  • Y aller
    1 h depuis Besançon, 1 h 15 depuis Neuchâtel, 2 h 30 depuis Lyon ou Genève. Pneus hiver obligatoires du 1er novembre au 31 mars (loi Montagne), et ils servent vraiment.
  • Prévoir
    Raquettes (location à Villers-le-Lac ou aux Fins, environ 10 € la journée), vêtements chauds en couches, maillot de bain (oui, en janvier).
  • Budget indicatif
    Autour de 40 € par jour et par personne pour les repas et visites, hors hébergement.

Sur la route du retour, en redescendant vers Besançon, j’ai roulé dix bonnes minutes avant de penser à rallumer le chauffage. L’habitude du contraste, sans doute. Deux jours sans regarder l’heure, dans le pays qui la fabrique : c’est peut-être ça, le vrai luxe du Haut-Doubs.

Elsa est une véritable passionnée du voyage et adore découvrir de nouveaux horizons. Elle est constamment en quête de nouvelles expériences enrichissantes, que ce soit en se perdant dans les marchés animés ou en parcourant les sentiers moins fréquentés.

Comments are closed.