Sur la carte, tout le monde voit la Drôme provençale, sa lavande et ses villages photogéniques. Mais au nord du département, entre Valence et Romans-sur-Isère, s’étend un autre pays : la Drôme des collines, un paysage de vergers, de champs vallonnés et de fermes en galets roulés, adossé aux falaises du Vercors.

C’est un territoire sans site surmédiatisé, et c’est exactement ce qu’on vient y chercher : quelques jours au calme, des routes secondaires, des marchés de village et une montagne en toile de fond qui change de couleur avec la lumière.

La Drôme des collines, mode d’emploi

On parle du triangle entre la vallée du Rhône, Romans-sur-Isère et les premiers contreforts du Vercors. Accès facile : sortie d’autoroute A7 ou A49, gare TGV de Valence à vingt minutes. Le relief reste doux, entre 200 et 500 mètres, ce qui en fait un terrain idéal pour le vélo et les balades sans dénivelé brutal.

Le rythme d’un séjour ici tient en trois temps : un village ou un site le matin, une table locale le midi, et une fin d’après-midi à ne rien faire, de préférence avec la vue sur les crêtes.

Ce qui vaut le détour

Le site le plus singulier du secteur est à Hauterives : le Palais idéal du facteur Cheval, ce monument de galets et de ciment qu’un facteur rural a bâti seul pendant 33 ans, aujourd’hui classé monument historique. On peut arriver sceptique, on repart troublé.

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Romans-sur-Isère mérite une demi-journée : capitale historique de la chaussure, elle abrite un musée international dédié, une collégiale millénaire et de bonnes adresses pour goûter les deux spécialités locales, la raviole et la pogne, cette brioche parfumée à la fleur d’oranger.

À la frontière de l’Isère, Saint-Antoine-l’Abbaye, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, s’enroule autour de son abbatiale gothique. Comptez une heure de route depuis les collines, qui se justifie largement.

Le Vercors en balcon

Depuis les hauteurs des villages, le regard bute sur la muraille ouest du Parc naturel régional du Vercors. En une heure de voiture, on bascule dans un autre monde : la route de Combe Laval, taillée dans la falaise au-dessus de 600 mètres de vide, reste l’une des routes les plus spectaculaires de France. En contrebas, Saint-Nazaire-en-Royans et son aqueduc marquent la porte d’entrée du Royans : on peut y embarquer sur un bateau à roue pour remonter la Bourne, ou descendre sous terre visiter la grotte de Thaïs, curieuse cavité aux parois rouges creusée sous le village même.

Pour les marcheurs, les sentiers du piémont suffisent souvent au bonheur : chemins de crête entre vergers et bois, avec le Vercors d’un côté et, par temps clair, la ligne bleue des monts d’Ardèche de l’autre.

Côté table

La Drôme des collines mange bien, et local : caillette aux herbes, picodon de chèvre, fruits des vergers en direct des fermes. Les marchés de Romans et des bourgs voisins suffisent à composer un panier sérieux pour la semaine.

Et pour une parenthèse gourmande, Tain-l’Hermitage est à un quart d’heure de Romans : la colline de l’Hermitage et ses vins mondialement connus, les quais du Rhône, et la Cité du Chocolat Valrhona qui ravit autant les enfants que les adultes. De quoi occuper une demi-journée de repli si le temps se gâte.

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Dormir dans les collines

L’hébergement suit l’esprit des lieux : pas de grands complexes, mais des chambres d’hôtes et des gîtes disséminés dans les villages. Autour de Saint-Bardoux, petit village au-dessus de la plaine de Romans, quelques maisons d’hôtes profitent d’une situation en balcon : c’est le cas des chambres d’hôtes de la Parenthèse des Collines, installées sur les hauteurs avec la vue qui porte jusqu’aux falaises du Vercors et une piscine ouverte sur la campagne. Le genre d’adresse où l’apéritif au bord de l’eau, face aux crêtes, devient le moment central de la journée.

Réservez tôt pour l’été : la capacité de ces maisons se compte en quelques chambres, et la région monte doucement dans les carnets d’adresses.

Infos pratiques

  • Quand partir
    D’avril à octobre. Juin pour les cerises et les journées longues, septembre pour les vendanges et la lumière dorée.
  • Y aller
    A7 ou A49, sorties Valence ou Romans. TGV jusqu’à Valence TGV, puis voiture de location : indispensable pour circuler entre villages.
  • Sur deux jours
    Jour 1 : Palais idéal à Hauterives, puis Romans-sur-Isère. Jour 2 : Combe Laval et le Royans, retour par les villages du piémont.
  • Budget indicatif
    30 à 45 € par jour et par personne pour visites et repas, hors hébergement. Entrée du Palais idéal autour de 10 €.

La Drôme des collines ne cherche pas à rivaliser avec sa voisine provençale. Elle joue une autre partition : celle d’une campagne habitée, gourmande et tranquille, avec l’une des plus belles montagnes de France en horizon permanent.

Elsa est une véritable passionnée du voyage et adore découvrir de nouveaux horizons. Elle est constamment en quête de nouvelles expériences enrichissantes, que ce soit en se perdant dans les marchés animés ou en parcourant les sentiers moins fréquentés.

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